Gros Bois, Maurice (PANA) - L'avenir des petits agriculteurs se trouve dans une augmentation de leur productivité et non dans une compensation quelconque face à la hausse des prix des fertilisants qu'ils subissent depuis quelque temps, a déclaré, vendredi, la Commissaire européenne à l'Agriculture, Mme Mariann Fischer Boel, actuellement en visite à Maurice.
Mme Boel, qui visitait des plantations de canne à sucre et de pomme de terre à Gros Bois, dans le sud de l'île où un projet d'épierrage et de regroupement des petits agriculteurs est en cours, a dit à ces paysans mauriciens qu'ils ne sont pas les seuls à subir la hausse des prix et que les agriculteurs du monde entier se trouvent dans la même situation.
Selon elle, il faut s'occuper de ce problème et ne pas verser des compensations. "Il faut augmenter votre rendement et c'est ça qui représente votre avenir et celui de l'agriculture", a-t-elle insisté, ajoutant avoir constaté que Maurice utilise à bon escient l'argent qui lui a été avancé dans le cadre de la réforme de l'industrie sucrière.
Parlant de sa propre expérience de petits producteur, la commissaire européenne a dit avoir vu et connu des situations semblables où les petits producteurs gagnaient très peu de leur production, parce qu'il leur est difficile de concurrencer les grands commerçants.
"Nous les encourageons à se regrouper face aux commerçants. Au cas contraire, ils vont perdre parce qu¹ils ne sont pas assez forts pour y faire face. Vous aussi, vous devez vous regrouper, c¹est le meilleur conseil pour obtenir un prix décent pour vos produits, même s'il ne résout pas tous vos problèmes", a déclaré Mme Boel.
Auparavant, elle s'est intéressée de près au projet de regroupement des petits planteurs en cours dans l'île en vue de baisser leurs coûts de production et d'augmenter leur productivité.
Lors d'une rencontre avec la presse, jeudi soir, à Port-Louis, Mme Boel a demandé au gouvernement mauricien de jouer la carte de petit Etat insulaire dans le cadre de ses démarches en vue de bénéficier du fonds spécial d'un montant d'un milliard d'euros que se propose de créer la Commission européenne dans le but d'aider les pays les moins avancés affectés par la hausse des prix des produits alimentaires.
Elle a dit être consciente du défi que représente pour les producteurs sucriers la décision de baisser les prix du sucre sur le marché européen de l'ordre de 36%.
"La décision était cependant inévitable vue que les prix offerts aux producteurs européens étaient trois fois supérieures à ceux pratiqués au niveau du marché mondial", a-t-elle fait remarquer.
Elle a dit que l'Union européenne a prévu des mesures d'accompagnement en vue de rationaliser et de moderniser le secteur sucrier, dans le but d'aider les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à traverser la période de transition.
Log in or create a user account to comment.